AI for Good Global Summit 2026
Genf, 06.07.2026 — Allocution du conseiller fédéral Albert Rösti
La parole prononcée fait foi.
Co-présidents, Excellences, Mesdames et Messieurs,
La Suisse se félicite du lancement de ce Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle.
Le système multilatéral traverse une période de pression intense que ce soit financier, institutionnel ou politique. On demande aux organisations internationales de faire plus, plus vite, avec moins. Dans ce contexte, l'intelligence artificielle n'est pas seulement un nouvel objet de gouvernance. Elle peut devenir un levier pour renforcer l'efficacité, la capacité d'action et, au final, la crédibilité du système multilatéral.
La Suisse défend une conviction simple : les Nations Unies ne doivent pas seulement définir les règles de gouvernance de l'IA. Elles doivent également montrer l'exemple dans leurs propres pratiques.
En effet, lorsque l'IA est développée et utilisée de manière responsable, dans le respect du droit international des droits humains, elle peut améliorer la santé publique, élargir l'accès à l'éducation, renforcer la participation démocratique et accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable. Mais ces bénéfices ne sont pas automatiques. Ils dépendent de notre volonté de placer l'être humain au coeur de la gouvernance de l'IA et à promouvoir une innovation fondée sur la confiance.
Je m'exprime également aujourd'hui au nom des 42 États membres de la Freedom Online Coalition, que la Suisse préside cette année. Notre déclaration commune adoptée la semaine dernière est claire : la gouvernance de l'IA doit être fermement ancrée dans le droit international des droits humains, élaborée au travers de processus véritablement multipartites et mise en oeuvre de manière centrée sur l'humain.
Nous devons aussi reconnaître les risques. L'IA peut être utilisée de manière abusive pour renforcer la surveillance arbitraire, diffuser la désinformation ou fragiliser nos institutions démocratiques. Les réponses passent par davantage de transparence, de responsabilité et de supervision humaine.
Cette gouvernance doit enfin être inclusive. Les bénéfices et les ressources nécessaires au développement de l'IA restent profondément inégalement répartis. Renforcer les capacités des pays en développement est non seulement une question d'équité, mais une condition de l'efficacité de notre action collective.
En 2027, la Suisse accueillera à Genève le prochain Sommet mondial sur l'IA, avec l'ambition de mieux connecter processus normatifs, science, technologie et cas d'usage concrets. À l’occasion d’ AI for Good, ce mercredi, nous allons présenter d’avantage d’informations sur le sommet, ainsi que l’opportunité de contribuer à sa préparation.
Co-présidents,
La gouvernance de l'IA ne peut être uniquement normative. Elle doit être opérationnelle. Ensemble, nous pouvons construire une IA digne de confiance, respectueuse des droits fondamentaux et véritablement au service de toutes et tous.
Je vous remercie.
