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RedeVeröffentlicht am 26. Februar 2026

Klarheit, Disziplin und Effizienz müssen unser Handeln vor Ort leiten (fr)

Genf, 26.02.2026 — Rede von Bundesrat Ignazio Cassis, Vorsteher des Eidgenössischen Departements für auswärtige Angelegenheiten (EDA), anlässlich der Eröffnung des IC-Forums 2026 zum Thema humanitäre Hilfe – Es gilt das gesprochene Wort

Geschätzte Damen und Herren
Mesdames et Messieurs
Ladies and Gentlemen

Buongiorno a tutti. È un piacere di essere qui.

Soyez les bienvenus à cette cinquième édition du Forum de la coopération internationale, consacrée cette année à l’aide humanitaire.

Après deux éditions à Bâle et à Zurich, nous voilà de retour à Genève.

Un retour naturel. Un retour nécessaire.

Car Genève porte la tradition humanitaire de la Suisse. Elle est le cœur du multilatéralisme. Elle défend le droit international humanitaire.

Et elle protège, chaque jour, l’espace du dialogue entre les nations.

Mais Genève, elle aussi, est mise à l’épreuve. Comme le monde entier.

Nous nous réunissons à un moment charnière. Un véritable changement d’époque.

Le droit du plus fort reprend le pas sur la force du droit.
Les guerres se multiplient. Les crises s’enchaînent. Le multilatéralisme est contesté.

Le monde change plus vite que nos institutions ne s’adaptent.
Des millions de personnes doutent. Se sentent désorientées.

Les besoins augmentent. Les attentes explosent. Les ressources, elles, se raréfient.

Nous ne pouvons pas tout faire. Nous devons faire l’essentiel.

Concentrer nos efforts là où les besoins sont vitaux. Rechercher un impact réel.

Facta, non verba.

Dans le bruit du monde, ajouter des mots aux mots ne suffit plus.
Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est de la clarté.
Du courage.
Et de l’impact.

Chers participants,

Lorsque nous avons lancé ce forum il y a cinq ans, notre ambition était claire :
créer un véritable espace de réflexion — un lieu d’échanges critiques sur la coopération internationale.

Aujourd’hui, le moment est venu d’exercer ce même regard lucide et exigeant sur l’action humanitaire.

La question n’est plus de savoir si elle doit s’adapter. Elle le doit.

La vraie question est : comment ? Et à quelle vitesse ?

Nous avons longtemps cru qu’il suffisait d’augmenter les budgets pour augmenter l’impact.
« Plus d’argent pour moins de conflits ».

C’était une illusion.

Les résultats peu durables dans le développement, ainsi que la persistance des crises humanitaires, nous rappellent une vérité simple : nous faisons face à un problème systémique.

Il faut regarder la réalité en face. Même si elle dérange.

Et cette réalité nous oblige à revenir à l’essentiel.
Sauver des vies.
Soulager les populations dans le besoin.

C’est notre responsabilité.
C’est aussi notre mandat constitutionnel.

Car ce que nous faisons pour les autres, nous le faisons aussi pour nous-mêmes.

La paix, la sécurité, la liberté - doivent exister autour de nous pour que nous puissions en bénéficier chez nous.

Mesdames et Messieurs,

Il est temps de revenir à une aide humanitaire plus agile et plus innovante — et résolument orientée vers l’impact.

Concrètement, cela signifie trois choses.

Premièrement, intégrer pleinement les nouvelles technologies utiles à l’action humanitaire — notamment l’intelligence artificielle.
Non pas comme un slogan, mais comme un outil au service de l’humain.

Deuxièmement, mobiliser de nouveaux partenaires, en particulier dans le secteur privé.
Les défis systémiques exigent des alliances nouvelles.

Troisièmement, nous recentrer là où nous sommes réellement efficaces.
Faire moins, peut-être — mais faire mieux.

Ces trois prochains jours, j’espère que vos échanges — entre administration, monde scientifique, économie et politique — feront émerger des pistes concrètes.
Des pistes fondées sur l’expertise. Sur l’expérience. Sur le travail de chacun.

Voilà ce qui doit guider notre action sur le terrain :
La clarté. La discipline. L’efficacité.

Et que l’esprit de Genève — fait de respect, d’écoute et de pragmatisme — inspire nos travaux dans cette salle.

Car dans un monde fragmenté, Genève doit rester un lieu où l’on agit.

Je vous remercie.